MBAGNICK DIOP PRESIDENT DU MEDS ‘’Plus de 40 pays vont diffuser les Cauris d’Or’’

L’homme ne craint pas les défis. Lui, c’est Mbagnick Diop, promoteur des Cauris d’Or. On a du mal à tenir la comptabilité de ses challenges, souvent plus invraisemblables les uns que les autres. Certains le surnomment Thomas Edison, l’homme qui a inventé l’innovation, tellement le président du Meds est ingénieux. Inusable, Mbagnick Diop l’est. On aurait pu croire ‘’Prési’’ fatigué par une décennie d’organisation de la prestigieuse cérémonie de remise des Cauris d’Or, mais, au contraire, il semble se ressourcer en permanence dans l’exercice des responsabilités. L’homme est passé maître dans l’art de la stabilité. Les Cauris d’Or résistent à l’épreuve du temps. Dans cette interview, Mbagnick Diop revient de long et en large sur la 13ème Edition des Cauris d’Or et surtout sur ce qui forge les ‘’valeurs du succès’’ de cette prestigieuse cérémonie de renommée mondiale et internationale. Entretien !

Pour la 13ème édition des Cauris d’Or, vous vous êtes engagé à venir en aide aux enfants autistes du Sénégal. Pourquoi ce volet hautement social ?

“Vous savez que les Cauris c’est un événement prestigieux, je dirai même un événement élitiste. En ce sens, depuis une dizaine d’années, je me dis qu’il faut mettre à contribution les décideurs économiques, financiers, ceux qui ont les moyens en soutenant et en accompagnant les associations, les hôpitaux. Depuis une décennie, nous avons financé plusieurs structures hospitalières comme la Cellule de cancérologie de Le Dantec, les hôpitaux de Pikine et de Tivaouane, les villages SOS, la pouponnière de Mbour. L’année dernière, nous avions soutenu l’association des sages-femmes d’Etat parce qu’elles m’ont montré des films où je voyais des jeunes filles de 13-14 ans, qui accouchaient sur des charrettes ou à même le sol. Ces filles-là perdaient la vie en donnant la vie parce qu’on n’avait pas les moyens d’avoir des sages-femmes partout au Sénégal. J’avais décidé de les aider et c’est à coup de plusieurs dizaines de millions qu’on a aidé cette association-là. Et cette année, je me dis que nous allons soutenir les enfants autistes et surtout leurs familles. Parce que l’autisme est un handicap où les parents se sentent coupables, l’enfant itou. Certaines familles cachent leur enfant lorsqu’ils ont des visiteurs. L’enfant ne peut pas s’épanouir avec ses amis. Donc, je me dis qu’il faut briser la glace pour montrer à ces enfants et à leurs parents qu’ils ne sont coupables de rien du tout. C’est pourquoi cette année, nous allons accompagner et soutenir l’association qui soutient les enfants autistes, comme on le fait chaque année avec la vente aux enchères. Et nous allons reverser à l’association l’ensemble des recettes que nous allons tirer de ces ventes. Ce sont des centaines de millions de personnes qui suivent les Cauris d’Or à travers le monde. Je pense donc que c’est une vitrine pour que les gens soient beaucoup plus sensibles à ce fléau qui est là au Sénégal et dans beaucoup de familles qui le vivent mal.

D’où vient cette sensibilité de Mbagnick Diop à l’égard de ces mômes ‘’stigmatisés’’ par la société ?

“ D’une manière générale, j’ai cette fibre sociale. Je vous ai dit que depuis plus d’une décennie, nous avons consacré des centaines de millions, voire plus d’un milliard dans les œuvres sociales. Par exemple, cela fait presque 20 ans que je m’occupe des détenus dans la discrétion. J’ai été le premier à offrir une télévision à la prison de Rebeuss. J’ai fait énormément d’actions au niveau des prisons, mais j’ai pris l’option de le faire dans la discrétion. C’est comme je le fais aussi dans les Daaras. Je finance énormément de Daaras. Je suis le parrain d’une cinquantaine d’enfants dans différentes associations nationales et internationales. Je finance leurs études. Ça c’est une fibre sociale et ça déteint dans nos activités au niveau du Mouvement des Entreprises du Sénégal (Meds). D’où nos concepts comme le Forum du premier emploi, la Fondation emploi jeune, etc. Si vous observez mes activités,  le socle c’est l’intérêt général. C’est pourquoi je ne suis dans aucun camp. Je peux travailler avec tout le monde parce que ce qui m’intéresse,  c’est le Sénégal. L’importance c’est de soulager ceux qui en ont besoin sans rien attendre d’eux. Comme le dit l’adage wolof : “ Deef Nguir Yalla”. ‘’Tout ce que j’entreprends, je le fais avec le cœur et j’exhorte mes amis, mes collaborateurs, à s’inscrire sur cette voie. Parce qu’être généreux, c’est une recommandation divine. La Présidente de l’association m’a envoyé un sms disant que depuis que j’ai parlé l’affaire à la télévision, c’est le boom. Le Ministre et tout le monde s’intéresse à ces enfants autistes. C’est important donc que des leaders d’opinion et des personnalités portent des combats qui vont dans le sens de soulager les populations”.

Malgré la multitude de soirées qui s’inspirent des Cauris d’Or, celle-ci se démarque toujours du lot. Qui est-ce qui fait l’originalité des Cauris d’Or ?

“Parce que tout simplement c’est du professionnalisme. On n’improvise pas. Nous sommes dans les standards internationaux. Si vous regardez les Cauris, vous verrez des Américains, des Européens, des Asiatiques. Pourquoi ? Parce que tout simplement les Cauris les inspirent. Autre chose : nous nous alignons à ce qui se fait au niveau international. Tout est calculé. Tout est minuté aux Cauris. Que ce soit la direction artistique, la déco, le choix des personnalités, le jury international qui constitue le jury des Cauris, les nominés, les lauréats, la salle, (le chapiteau comme un palais), les scripts. Tout est fait professionnellement. On fait répéter tout le monde, même les meilleurs artistes. C’est la seule soirée au monde où tout le monde répète et tout est écrit. Donc, tout est minuté. Du top départ à 20h30, jusqu’à 1h30 du matin, il n’y a pas une seconde de flottement. Je pense que c’est cette authenticité qui fait le charme, le succès et la réussite des Cauris qui a fait le tour du monde. Dans un entretien avec le Chef de l’Etat, il m’a dit que c’est une fierté. Les Cauris d’Or, c’est quelque chose d’exceptionnelle parce que lorsque vous les regardez, vous ne vous ennuyez pas. Je pense qu’on a réussi un pari extraordinaire. C’est de conceptualiser un événement du Sud et de l’exporter à travers le monde. 40 pays vont reprendre le signal pour diffuser l’événement. Et ça, je pense que c’est une réussite. Il faut que tous les Sénégalais se l’approprient, le partagent avec nous, nous soutiennent et nous accompagnent parce que c’est l’image du Sénégal que nous exportons à l’extérieur. Mais une image positive, une image du beau, une image de l’excellence, une image de la compétence, une image de l’éthique, une image des valeurs. C’est pourquoi cette année, nous avons décidé d’intituler la thématique de 2017 : “ Les valeurs du succès”.

Pourquoi le thème : Les valeurs du succès” ?

“Si vous regardez les 3 ou 4 dernières années, c’était ‘’le sacre de l’excellence’’. C’était la 10e année des Cauris. C’était quelque chose d’exceptionnelle et c’est pourquoi j’avais choisi : “Le sacre de l’excellence”. Parce que l’excellence c’est le top et on ne peut pas aller au-delà de l’excellence. Juste après, je me suis dit qu’on a bouclé 10 ans, il fallait donc ‘revenir aux sources et donc en 2015 c’était : “ Le retour aux sources”. Une façon de dire aux gens pourquoi on avait initié et créé le concept des Cauris. L’année dernière, on était à “la Référence”. ‘’Les Cauris de la référence’’. Pourquoi ? Parce que les Cauris étaient devenus une référence, un label. Cette année, on a choisi “les valeurs du succès” parce que tout simplement, le succès engendre beaucoup de facteurs : Facteur d’exemplarité, facteur de persévérance, facteur d’engagement, facteur de réussite, facteur de compétence, etc. Et tous ces facteurs se déclinent en seul mot : “Le succès”.

Combien d’entreprises seront primées lors de cette soirée?

“ Il y a en 12 qui seront primées et nous allons éclater les distinctions en 3 remises de 4 Cauris. La soirée sera très lourde. C’est pourquoi  nous avons décidé de démarrer la remise des Cauris à partir de 22 heures, Il y a 6 Cauris hors compétition et 6 Cauris à compétition, qui est le moment le plus stressant de l’événement. Depuis deux ou trois ans, je réfléchis à annuler cette compétition. Mais les gens doivent comprendre que si vous êtes nominés dans votre catégorie et que vous perdez, il faut savoir que vous faites partie des meilleurs. Mais on n’a pas cette culture de compétition. Lorsque quelqu’un est en compétition, qu’il aille en finale et qu’il ne gagne pas, c’est comme s’il  avait un décès dans son entourage. Mais, c’est ça le charme de la compétition. Nous allons décerner 12 Cauris dont, entre autres, le Cauris de l’entreprise la plus performante, de l’entreprise la plus innovante, du meilleur manager homme, du meilleur manager femme, du Cauris de l’entreprise la plus émergente, de la personnalité de l’année, le Cauris de l’excellence, le Cauris de l’action sociale. Mais ceux qui seront récompensés ou primés auront encore du pain sur la planche parce qu’on va les projeter encore davantage, sous les lumières. Et, ils doivent se comporter comme des exemples parce qu’ils deviennent automatiquement des références pour la nouvelle génération et la jeune génération”. Et Dieu merci ! Depuis 12 ou 13 ans, tous ceux qu’on a eu à primer sont devenus plus tard des grands leaders dans leur domaine respectif”.

Il faut combien de temps pour organiser une telle soirée ?

“ C’est très dur et c’est très long. Il y a plus de mille courriers et plus de 3000 mailing. Et il faut répondre aux mailings et courriers. Ensuite, il faut caler les rendez-vous par rapport aux nominés. Sur chaque catégorie, il y’a une cinquantaine de nominés. Parfois il faut voyager pour faire le premier entretien avec le nominé. Il faut gérer les partenaires stratégiques. Ensuite on fait un appel d’offres pour prendre la meilleure des décoratrices parce qu’on veut toujours innover. Donc, toute la salle est décorée par les meilleurs. A côté on choisit le directeur artistique et pour cette année, c’est M. Ndour. Ensuite il y a tout le côté montage logistique qu’il faut assurer et la communication en elle-même. Une communication agressive dans le bon sens du terme avec affiches partout, avec des écrans leds dans les grandes avenues, avec les rollers, les interviews, les spots. Et puis on a conceptualisé depuis 8 ans ce qu’on appelle les comptes à rebours. C’est devenu maintenant un feuilleton. Tout ça permet de susciter un engouement. Tout le monde va vers les Cauris. Le jour de la soirée, ceux qui auront la chance d’y être sont là-bas et les centaines de millions des personnes ici en Afrique et à l’international suivront les Cauris en ayant ce sentiment de vivre un événement exceptionnel. C’est un gros budget, les Cauris.

La nouveauté pour cette édition?

“ En terme d’organisation déjà, nous mettons deux couples de maître de cérémonie. Nous avons Pape Faye, nous avons Léa au niveau de la première partie institutionnelle. Ensuite, nous avons pour la remise des Cauris, en deuxième partie, Dj Boubs, qui est meilleur au Sénégal et Fatim O qui, justement, a été primée “grammy Awards” parce qu’elle animait les Cauris. Elle n’a pas d’émission à la radio ni à la télé. C’est à partir de cette présentation des Cauris qu’elle a été nominée et primée. C’est une fierté pour moi. En termes toujours d’innovation, nous ferons une scène numérique. Ce qui n’a jamais été fait au Sénégal. Ça c’est du haut niveau et c’est beaucoup de dépenses. On a fait importer des tapis lumineux. Il y a tellement de chose en termes d’innovation que nous avons mis en place. On a réduit la remise des Cauris à 12. Nous avons diversifié les musiciens pour permettre à des jeunes talents d’éclore.

Au-delà des Cauris, on nous parle également des “African leadership Awards”. Parlez-nous-en un peu?

“C’est un concept qui va dans la dynamique des Cauris parce que de grandes personnalités africaines me disent que les Cauris sont exceptionnels. Beaucoup d’Africains se déplacent, mais il faut faire un concept beaucoup plus panafricain. C’est ainsi que l’idée m’est venu de conceptualiser les “African leadership Awards” qui verra toute l’élite africaine converger à Paris le 28 octobre. Le parrain de cette première édition sera le Président du Burkina Faso, le Président Kaboré, qui m’a reçu et avec qui j’ai échangé. Il m’a marqué son accord pour en être le parrain et pour présider donc l’événement. On peut prendre des initiatives, et cent fois mieux que les occidentaux. C’est important qu’il y ait cette idée de solidarité entre nous. Et, c’est ce qui explique ce concept qui va être un événement exceptionnel. Ça va être aussi le coup d’envoi d’un nouveau concept”.

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